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Retour aux recettes et les accords

18 mars 2026 – Par David Bridger, président du Syndicat international des employés de services (SIES) Local 2 Canada, représentant plus de 20 000 travailleurs au pays

L’industrie brassicole canadienne constitue depuis longtemps une source d’emplois stables pour la classe moyenne, soutenant des milliers de travailleurs syndiqués dans des communautés de toutes tailles. Des chaînes de production aux entrepôts, en passant par la logistique, l’entretien et le contrôle de la qualité, les travailleurs brassicoles sont fiers de produire un produit profondément ancré dans le tissu économique et social du Canada.

Aujourd’hui toutefois, ces emplois sont de plus en plus sous pression, et l’une des menaces les plus immédiates et évitables est l’augmentation automatique annuelle des droits d’accise sur la bière prévue par le gouvernement fédéral le 1er avril.

À titre de président du SIES Local 2 et du Conseil canadien des brasseurs, qui représente les travailleurs du secteur à travers le pays, j’appelle le gouvernement fédéral à agir dès maintenant pour annuler la hausse prévue cette année et à éliminer de façon permanente le mécanisme d’indexation automatique qui augmente les droits d’accise sur l’alcool chaque année.

Plus tôt ce mois-ci, je me suis joint à 12 dirigeants syndicaux représentant des travailleurs de brasseries à travers le pays pour écrire directement au premier ministre du Canada en lui demandant une intervention immédiate. Ensemble, nous avons clairement indiqué que les hausses automatiques de taxes imposent une pression inutile à une industrie qui soutient de bons emplois, du grain jusqu’au verre. Les travailleurs s’inquiètent de plus en plus des effets cumulés de ces politiques sur la stabilité à long terme de l’emploi, tant dans les brasseries que dans l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement.

À un moment où le coût de la vie préoccupe fortement les Canadiens, augmenter automatiquement les taxes sur un produit de consommation majoritairement fabriqué au Canada n’a que peu de sens sur les plans politique, économique ou social. Depuis l’introduction du mécanisme d’indexation en 2017, les droits d’accise fédéraux sur la bière ont augmenté d’environ 18 %, sans vote parlementaire, sans débat public et sans évaluation de leurs effets cumulés sur les travailleurs, les consommateurs ou les économies locales.

Pour les travailleurs du secteur, ces hausses ne sont pas de simples décisions de politique fiscale abstraites. Elles se traduisent concrètement par une pression accrue dans les installations partout au pays. Le brassage est un secteur manufacturier confronté à des coûts en hausse et imprévisibles liés notamment à l’énergie, au transport, à l’aluminium, à l’orge, aux emballages et à la main-d’œuvre. Lorsque les taxes augmentent automatiquement chaque année, les entreprises n’ont que peu d’options : absorber les coûts, augmenter les prix pour les consommateurs, retarder des investissements ou réduire certaines dépenses.

Trop souvent, ces réductions se font au détriment des emplois.

Le secteur de la bière au Canada soutient plus de 149 000 emplois dans l’agriculture, la fabrication, l’hôtellerie et le commerce de détail. Les emplois syndiqués dans les brasseries offrent notamment des salaires permettant de faire vivre une famille, des avantages sociaux, des régimes de retraite et une stabilité de carrière à long terme. Il s’agit précisément du type d’emplois que les gouvernements affirment vouloir protéger et développer dans le secteur manufacturier canadien.

Or, le mécanisme d’indexation va à l’encontre de cet objectif. Il crée une incertitude permanente dans une industrie qui repose sur des investissements à long terme et des chaînes d’approvisionnement locales. Contrairement à de nombreux autres biens de consommation, la bière est majoritairement produite au Canada à partir d’ingrédients canadiens, transformée par des travailleurs d’ici et vendue dans des communautés canadiennes. Lorsque la production de bière faiblit, les répercussions dépassent largement les brasseries et touchent les agriculteurs, les camionneurs, les travailleurs de l’emballage, le personnel de restauration et de nombreuses petites entreprises.

Ce qui rend la situation particulièrement frustrante, c’est qu’elle est entièrement évitable.

Le gouvernement fédéral a déjà démontré sa capacité d’intervention lorsque le contexte économique exige de la flexibilité. Les Canadiens ont entendu à plusieurs reprises des engagements en matière d’abordabilité et de soutien aux travailleurs. Annuler la hausse du 1er avril constituerait une mesure concrète et immédiate conforme à ces engagements. Plus encore, abolir définitivement le mécanisme d’indexation permettrait de rétablir une responsabilité démocratique dans les décisions fiscales. Les choix qui influencent l’emploi, les prix et la compétitivité industrielle devraient être débattus ouvertement par les élus, et non ajustés automatiquement selon une formule, indépendamment du contexte économique.

Il ne s’agit pas de réclamer un traitement particulier, mais bien d’exiger de l’équité, de la prévisibilité et un examen opportun dans le cadre d’un débat éclairé.

Les travailleurs comprennent que les gouvernements doivent percevoir des revenus pour financer les services publics. Toutefois, les politiques fiscales doivent aussi tenir compte des réalités économiques. Lorsque près de 46 % du prix d’une bière revient déjà aux gouvernements, des hausses automatiques annuelles, déconnectées de la performance de l’industrie ou de la capacité de payer des consommateurs, imposent une pression inutile aux travailleurs, aux consommateurs et aux employeurs, tout en nuisant à la confiance et à l’investissement dans le secteur manufacturier canadien. Le gouvernement de l’Ontario l’a compris et n’a pas appliqué son mécanisme d’indexation automatique depuis huit ans.

Au sein du mouvement syndical, la mobilisation s’intensifie, car les travailleurs voient clairement ce qui est en jeu. Les travailleurs des brasseries veulent continuer à produire des produits canadiens de qualité, soutenir leurs familles et contribuer à leurs communautés. Ce dont ils ont besoin de la part des gouvernements, c’est de stabilité — pas d’une nouvelle hausse de coûts automatique dans un contexte économique déjà difficile.

Le gouvernement fédéral a encore le temps d’agir avant le 1er avril.

Annuler la hausse des droits d’accise sur la bière prévue cette année et abolir définitivement le mécanisme d’indexation enverrait un signal clair qu’Ottawa souhaite réellement protéger les emplois canadiens, soutenir le secteur manufacturier local face aux pressions commerciales, notamment américaines, et alléger le fardeau du coût de la vie pour les travailleurs et les consommateurs.

Pour les travailleurs du secteur brassicole à travers le pays, le message est simple : protéger les emplois, soutenir les communautés et laisser au Parlement — et non à une formule automatique — le soin de décider du moment où les taxes doivent augmenter.

À PROPOS DE BIÈRE CANADA

Bière Canada est la seule voix nationale et inclusive qui représente et défend les intérêts des brasseurs canadiens de toutes tailles et de toutes les régions, ainsi que ceux des consommateurs de bière au pays.

Les entreprises membres de Bière Canada brassent 90 % de toute la bière consommée annuellement par les Canadiens. Les brasseurs contribuent directement 2,6 milliards de dollars au PIB du Canada, soit plus de deux fois et demie la contribution combinée des producteurs de vin et de spiritueux.

À travers la chaîne de valeur de la bière, la production, la distribution et la vente de bière soutiennent 149 000 emplois au Canada, génèrent 13,6 milliards de dollars en produit intérieur brut et 5,7 milliards de dollars en recettes fiscales pour les gouvernements.

Bière Canada favorise la consommation modérée et responsable par les adultes en âge légal de consommer et agit comme source d’information de référence sur l’industrie canadienne de la bière.

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